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Conseils · Argiles et fondations

Retrait-gonflement des argiles dans le Var

Pourquoi les sols argileux fissurent les maisons, ce qu’impose la loi Élan et comment terrasser et protéger ses fondations.

N°01Sols argileux

Retrait-gonflement des argiles dans le Var : comprendre le phénomène

Des fissures en escalier sur une façade, une porte qui frotte après un été très sec, un dallage qui se décolle du mur : ces symptômes sont souvent liés au retrait-gonflement des argiles. Dans le Var, et notamment autour de Draguignan, une partie importante du territoire est exposée à ce phénomène. Le retrait gonflement argiles Var n’est pas un sujet de spécialiste : il concerne toute personne qui construit, agrandit ou terrasse près d’une maison.

Le principe est simple. Certaines argiles se comportent comme une éponge : elles gonflent quand elles se chargent d’eau et se rétractent quand elles sèchent. Sous un climat méditerranéen, avec des étés longs et secs suivis d’orages d’automne, ces variations sont marquées. Si les fondations d’une maison reposent dans la couche qui bouge, le bâtiment subit des tassements différentiels.

Depuis 2020, la loi Élan a rendu obligatoires certaines études de sol dans les zones d’exposition moyenne ou forte. Mais au-delà des obligations, ce sont des règles de bon sens constructif, et des gestes simples autour de la maison, qui limitent les dégâts. Ce guide les passe en revue, du point de vue du terrassier qui ouvre les fouilles.

En Dracénie, on rencontre ces sols sensibles surtout dans les vallons marneux et les bas de versants, alors que les hauteurs calcaires sont en général moins concernées. Les lotissements construits sur d’anciennes terres agricoles, entre vignes et oliviers, se trouvent souvent sur ces terrains argileux. C’est là que l’on voit le plus de maisons fissurées après une série d’étés secs.

Mini-pelle orange creusant une terre rouge
Terre rouge argileuse ouverte à la mini-pelle
Le mécanisme

Pourquoi une maison fissure sur un sol argileux

Le sol ne bouge pas de la même façon partout sous une maison. Au centre, protégé du soleil, il reste relativement stable. En périphérie, il sèche davantage en été et se réhumidifie plus vite à l’automne. Les angles et les façades exposées au sud subissent donc des mouvements plus forts. C’est cette différence qui fissure les murs, pas le mouvement en lui-même.

Les arbres aggravent le phénomène. Leurs racines vont chercher l’eau profondément et assèchent le sol sous les fondations proches. Un chêne, un peuplier ou un cèdre planté trop près d’une façade peut créer une zone de retrait localisée. À l’inverse, abattre un grand arbre juste à côté d’une maison peut provoquer un regonflement progressif.

Les fuites de canalisations et les eaux pluviales mal évacuées jouent le rôle inverse : elles humidifient le sol de façon locale et irrégulière. Une descente de gouttière qui se déverse au pied d’un mur depuis des années est un classique des maisons sinistrées.

N°02Ce que dit la réglementation

Loi Élan : zones d’exposition et études obligatoires

La loi Élan de 2018, entrée en application sur ce point le 1er octobre 2020, a créé un dispositif spécifique pour les zones d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement. Une carte nationale d’exposition, consultable sur le portail public Géorisques, permet de savoir où se situe une parcelle.

  • À la vente d’un terrain non bâti constructible situé dans ces zones, le vendeur doit fournir une étude géotechnique préalable.
  • Avant la construction d’une maison, le constructeur doit soit s’appuyer sur une étude géotechnique de conception, soit respecter des techniques particulières de construction définies par arrêté.
  • Ces techniques portent notamment sur la profondeur d’ancrage des fondations, la rigidité de la structure et la gestion des eaux autour du bâtiment.

Parmi ces prescriptions, l’arrêté du 22 juillet 2020 retient une profondeur d’ancrage minimale des fondations de 0,80 m en zone d’exposition moyenne et de 1,20 m en zone d’exposition forte. Les textes sont consultables sur legifrance.gouv.fr. Le détail des différentes missions d’étude est présenté dans notre guide étude de sol G1, G2 et loi Élan.

N°03Sur le chantier

Les bonnes pratiques de terrassement en sol argileux

Le terrassier n’est pas le concepteur des fondations, mais sa manière de travailler compte beaucoup. Sur argile, quelques règles font la différence entre un ouvrage sain et un sinistre quelques étés plus tard.

Des fondations homogènes et assez profondes

Toutes les fondations d’un même bâtiment doivent être ancrées à une profondeur cohérente. Un sous-sol partiel, avec une partie de la maison fondée profondément et l’autre en surface, crée un point faible. Sur un terrain en pente, l’ancrage se mesure côté aval. Et une extension doit être désolidarisée de la maison existante par un joint.

Des fouilles qui ne restent pas ouvertes

Une fouille ouverte en plein été dessèche le fond ; ouverte avant un orage, elle se remplit d’eau et l’argile se ramollit. On bétonne rapidement après l’ouverture, et on purge toute partie détrempée avant de couler.

Pas de remblai argileux sous les dallages

Les déblais d’argile ne doivent pas servir de remblai sous un dallage ou une terrasse. On utilise une grave compactée par couches, et l’argile part en évacuation ou en modelage paysager loin du bâti.

Autour d’une maison existante : les gestes qui protègent

  • Éloigner les eaux de toiture du pied des murs par des canalisations ou des regards
  • Vérifier l’étanchéité des canalisations enterrées, surtout sous les terrasses
  • Ne pas planter de grands arbres à une distance inférieure à leur hauteur adulte
  • Prévoir un trottoir périphérique ou une géomembrane pour limiter l’évaporation
  • Éviter les pompages et arrosages massifs contre une seule façade
  • Demander conseil avant d’abattre un grand arbre proche des murs
  • Suivre l’évolution d’une fissure avec des repères datés

Argiles et fondations : vos questions

Comment savoir si mon terrain est en zone argileuse ?

La carte nationale d’exposition au retrait-gonflement des argiles, consultable gratuitement sur le portail Géorisques, indique le niveau d’exposition de chaque secteur. Elle donne une tendance, pas une certitude à l’échelle de la parcelle. Pour un projet de construction, seule une étude géotechnique confirme la nature exacte du sol et sa sensibilité, avec des sondages réalisés sur place.

Les fissures de ma maison viennent-elles forcément des argiles ?

Non. Des fissures peuvent aussi venir d’un défaut de construction, d’un tassement de remblai, d’une fuite de canalisation ou de simples variations thermiques. Les fissures liées aux argiles ont souvent une forme en escalier ou en biais, s’ouvrent en fin d’été et se referment partiellement ensuite. Un expert en bâtiment peut en établir l’origine avec un suivi dans le temps.

L’étude de sol est-elle obligatoire pour une extension ?

Le dispositif de la loi Élan vise principalement la vente de terrains constructibles et la construction de maisons neuves dans les zones exposées. Pour une extension, l’obligation dépend de la nature et de l’ampleur du projet. Même sans obligation, une étude est fortement conseillée sur sol argileux : une extension mal fondée se désolidarise souvent de la maison existante.

À quelle distance d’une maison peut-on planter un arbre ?

La recommandation courante en sol argileux est de respecter une distance au moins égale à la hauteur adulte de l’arbre, et davantage pour un alignement ou un groupe d’arbres. Les essences très gourmandes en eau sont à éloigner encore plus. Si un arbre est déjà proche, un écran anti-racines posé en tranchée peut limiter son influence sur les fondations.

Un drainage autour de la maison aide-t-il contre le retrait-gonflement ?

Il peut aider s’il sert à éloigner les eaux de ruissellement et de toiture qui humidifient irrégulièrement le pied des murs. Mal conçu, trop proche ou trop profond, il peut au contraire assécher le sol sous les fondations en été. Sur argile, un drainage périphérique se dimensionne avec soin, idéalement sur avis d’un bureau d’études.

Peut-on construire une piscine sur un sol argileux ?

Oui, mais avec des précautions : étude de sol conseillée, radier et structure adaptés, lit de pose en grave compactée, gestion des eaux autour du bassin et fouille bétonnée sans tarder. Une coque posée directement sur une argile remaniée risque de se déformer. Le choix du type de bassin et de sa structure se fait avec le pisciniste.

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